Delage : le retour du luxe automobile à la française ?

Ou comment une marque renait de ces cendres 70 ans après sa fin et se relance sur un segment fermé aux Français.

Lorsque qu’une marque revient sur un marché après un longue absence, elle bénéficie auprès de sa cible d’une affection nostalgique et le souvenir profond de l’avoir possédé ou vu. Les Tanns sont ainsi redevenus incontournables dans les cours de récréation et qu’on a revu dans les rues des alpines ou des Solex.

Une autre marque automobile prépare pour son grand retour cette année. Il s’agit de Delage et ça nous intéresse car peu d’entre nous en ont conduit ou vu, la marque ayant disparue en 1953. Positionnée ultra-luxe, cette Delage a eu son heure de gloire dans les années 20 et 30. Ses modèles battaient des records de vitesse, gagnaient des grands prix et on trouvait au volant le gratin culturel et show business des années folles (Henry Miller, Mistinguett ou Joséphine Baker). La marque incarnait l’insouciance et la joie de vivre de l’époque ainsi qu’un subtil mélange d’élégance française et de performance.

Depuis sa disparition, elle survit par l’intermédiaire d’un club de fans qui perpétuent le souvenir de ce raffinement technique auprès des fans de Oldtimers et assurer aux propriétaires de Delage un soutien logistique.

Ce sommeil se finit lorsque Laurent Tapie, le fils d’un célèbre repreneur d’entreprises, négocie les droits de cette marque avec un projet bien avancé pour la relancer sur un marché de niche : l’hyper car.

Ce marché regroupe les voitures de sport qui réalisent des performances sportives extraordinaires (vitesse de pointe de plus de 300 km/h, chrono pour le 0 à 100 km/h de moins de 3 secondes…) et même s’il ne représente que 1% du marché automobile global, ses 12 milliards d’Euros de CA annuels et des prévisions de croissance élevées attirent les convoitises de marques reconnues (Austin Martin, Bugatti, Ferrari…).

La réussite la plus éclatante est la Veyron de Bugatti avec 300 exemplaires commercialisés) qui est donc devenu le sparing partner de la nouvelle Delage.

Comme La Veyron, la Delage a une motorisation 12 cyclindres qui lui permet de respecter l’esprit du créateur et le nom des modèles :

-Louis Delâge rêvait de mettre au point un modèle 12 cylindres
-il nommait ses modèles D6, D8 selon le nombre de leurs cylindres ; la nouvelle voiture se nomme ainsi D12.

`Le parti-pris de la D12 est celui de la performance et de la sensation sportive. Et pour en faire selon Laurent Tapie « la voiture homologuée sur route la plus proche d’une voiture de Formule 1 », tous les détails comptent : le design est celui d’un avion de chasse, le siège et le volant sont moulés sur mesure, la place passager n’est pas à coté mais derrière le pilote, le cockpit s’ouvre sans porte, le chrono pour le 0 à 100 km/h est de 2,6s…

Pour légitimer cette promesse de performance et sensation Jacques Villeneuve est venu appuyer l’équipe technique. Cet ancien pilote est l’un des rares à avoir été sacré sur les circuits de Formule 1 et les circuits américains (500 miles d’Indianapolis) ce qui octroie à la marque une reconnaissance dans toutes les zones clés commerciales (Europe, États Unis, Asie).

Pour finir, un dernier chiffre, son prix 2 millions d’€, pile poil dans la fourchette de cette catégorie même si cela représente tout de même un millier de Clios.

Les liens de la marque :
https://www.delage-automobiles.com/
https://www.instagram.com/delageofficiel/?hl=fr

 

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